
A graduate of the Ecole Polytechnique and the Ecole des Mines, he completed a PhD in mathematics in 1979. In 1980 he joined Inria, where much of his research work centred around the development of the Esterel language. This language is used to explain the temporal synchronisation of tasks and prove that they are correctly executed.
In addition to his innumerable research contributions (lambda calculus, functional programming) he has been involved in industry with Esterel Technologies, a company where he served as scientific director for eight years (2001-2009).
A member of the Institute since 2002, world-renowned researcher Gérard Berry is also a passionate and engaging teacher. For several years, he has been working with various audiences to demonstrate how much digital technology shapes our everyday lives. This was the subject of his inaugural lecture as a professor of technological innovation at the Collège de France in 2007, which was entitled “Why and how the world is turning digital”
Since 2009, he has held a chair in information technology and computational science at the Collège de France, where he works to give computer science the recognition it is due.
His work has won him many honours, including the CNRS bronze medal in 1979, the Ministry of Defence’s prize for Science and Defence in 1999 and the EADS Foundation’s Grand Prize for industrial applications of science in 2005.
Calculabilité, langages et machines : Turing et ses contemporains
La machine de Turing est maintenant connue comme l’outil de base pour étudier la notion de calculabilité, et le théorème de l’indécidabilité de son arrêt comme un des résultats fondateurs de l’informatique. Mais, à cette époque foisonnante, plusieurs autres chercheurs ont obtenu des résultats similaires, quelquefois antérieurement : Church avec son lambda-calcul et le premier résultat d’indécidabilité de sa normalisation, Kleene avec les fonctions récursives, Post avec sa machine, etc.
Paradoxalement, certains de ses modèles moins connus du public ont doute eu un avenir riche et bien plus direct. Par exemple, alors que la machine de Turing n’a jamais eu le moindre intérêt pratique, le lambda-calcul fonde directement tous les langages de programmation fonctionnels et systèmes de preuve actuels, le style de programmation récursive à la Kleene est devenu banale dans tous les langages, etc. D’où vient donc la célébrité bien supérieure de la machine de Turing ? Nous développerons trois arguments :
- d’abord son côté bêbête et parfaitement non-intellectuel, qui n’est pas du tout partagé par les autres formalismes ;
- ensuite, le caractère déterministe de sa présentation de base, qui est en lui-même un grand facteur de simplification ;
- enfin, la vraie mise en valeur de la symétrie entre programme et données, qui aboutit à la notion de machine à programme enregistré.
Nous insisterons sur le besoin de comprendre et d’exploiter la complémentarité entre tous les formalismes concernés par la thèse de Church-Turing.











