Giuseppe Longo

Giuseppe Longo est Directeur de Recherches au CNRS.  Il est  membre du CREA Ecole Polytechnique et du CIRPHLES de l’ENS Paris. Il est responsable de l’équipe CIM (Complexité et information morphologiques).

Ses domaines de recherche couvrent : la Logique Mathématique et ses applications à l’Informatique : théorie de la recursivité ; sémantique dénotationelle et λ -calcul ; théorie des types ; théorie des categories et leurs applications aux langages fonctionnels.

Plus récemment il s’intéresse aux nouvelles interfaces entre mathématiques, informatique et sciences de la nature; problèmes épistémologiques de ces interfaces. Sciences Cognitives et épistémologie des mathématiques : les fondements cognitifs des mathématiques. Les dynamiques et l’aléatoire computationnels et physiques ; information et aléatoire en biologie. Le problème épistémologique et mathématique de l’espace et du temps dans les phénomènes du vivant ; criticité étendue et entropie en biologie des systèmes ; la notion d’anti-entropie.

Turing: ‘Le ‘human computer’, la machine à états discrets, la genèse des formes

La machine proposée par Turing en 1936 fonde son efficacité et son succès sur la rupture fondamentale et la distinction entre le matériel et le logiciel. Cette idée fut originellement proposée comme une pure abstraction mathématique. Elle devient plus tard le coeur de la structure même sur laquelle se fonde l’universalité et l’efficacité du calcul : un matériel “rigide (hardware)” permet à un logiciel  ”immatériel (software)” de s’exécuter.

Après le seconde guerre mondiale, alors que Turing s’intéresse de nouveau à la physique, il met en évidence la caractéristique clef de sa machine : c’est une machine à état fini  –une DSM comme il dit (Discrete State Machine). Il travaille ensuite avec des structures physiques complètement différentes, pour son analyse de la morphogenèse (1952) : les systèmes continus comme il les nomme. Ses systèmes composés d’action, de réaction et de diffusion vont permettre une plus grande connaissance et une meilleur compréhension de systèmes physiques et biologiques, pour lesquels le “calcul” réside entièrement dans des dynamiques continues de formes. Il n’est plus question de logiciel immatériel, mais d’une plastique et d’un matériel imprévisible en constante évolution.

On mettra en évidence le génie et l’audace d’un penseur qui sait radicalement changer de cap et d’outils, en se confrontant à une phénoménalité différente – tout en gardant la richesse de ses inventions précédentes.

Plus d’information sur le site web de Giuseppe Longo

Bibliographie (téléchargeable ici)

  • G. Longo. Critique of Computational Reason in the Natural Sciences, In “Fundamental Concepts in Computer Science” (E. Gelenbe and J.-P. Kahane, eds.), Imperial College Press/World Scientific, pp. 43-70, 2009
  • G. Longo. L’informatique aux interfaces des savoirs. A paraître aux actes du Colloque de 2009 “Quelques interactions logique/monde”, Paris, 2012.
  • Giuseppe Longo. Laplace, Turing and the “imitation game” impossible geometry: randomness, determinism and programs in Turing’s test. In Epstein, R., Roberts, G., & Beber, G. (Eds.). Parsing the Turing Test, pp. 377-413, Springer, 2008.
  • Giuseppe Longo. From exact sciences to life phenomena: following Schrödinger and Turing on Programs, Life and Causality. Concluding lecture at “From Type Theory to Morphological Complexity: A Colloquium in Honor of Giuseppe Longo.” In Information and Computation, special issue, n. 207, pp. 545-558, 2009.
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